Lettre au président

La présidente du GP-DCF, Mme Traoré Nana Sissako adresse une lettre ouverte au Premier ministre : «Le nombre des femmes dans le gouvernement de transition n’est ni juste, ni équitable, ni acceptable en démocratie»

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre, Diango Cissoko, la présidente du Groupe Pivot-Droits et Citoyenneté des Femmes (GP-DCF) Mme Traoré Nana Sissako a le regret de constater que sur les 30 ministres du gouvernement de transition, les femmes ne représentent que 10%, soit 3 ministres seulement. Selon elle, cela est déplorable puisqu’il n’est ni juste, ni équitable, ni acceptable en démocratie.

Le Groupe Pivot-Droits et Citoyenneté des Femmes (GP-DCF) est un regroupement constitué de huit associations œuvrant dans le domaine de la défense et de la protection des droits de la femme. Il s’agit de l’Association des Juristes Maliennes (AJM) l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH) l’Association pour le Progrès et la Défense des Droits des Femmes (APDF) le Comité d’Action pour les Droits de l’Enfant et de la Femme (CADEF) le Collectif des Femmes du Mali (COFEM) le Forum Malien d’Appui à la Démocratie et aux Droits Humains (FOMADDH) l’Observatoire des Droits de l’Enfant et de la Femme (ODEF) et le Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires (REFAMP-Mali).

Ce regroupement, dans une lettre ouverte signée par la présidente Mme Traoré Nana Sissako, a félicité Diango Cissoko pour le choix porté sur lui pour diriger le gouvernement de transition en cette période particulière de l’histoire du Mali. Avant de lui souhaiter plein succès et bonne réussite dans sa nouvelle mission de réunification du pays et d’organisation d’élections crédibles et transparentes.

La Présidente du GP-DCF profite de cette lettre ouverte pour déplorer la faible représentation des femmes dans le gouvernement de transition. « Nous saisissons cette occasion, monsieur le premier ministre, pour vous exprimer notre grande déception de constater que sur 30 ministres de votre gouvernement de transition, vous n’ayez accordé votre confiance qu’à trois femmes, soit 10% du nombre total des membres de l’institution. Cela ne nous parait ni juste, ni équitable, ni acceptable en démocratie, surtout si on se réfère au parcours des femmes dans notre histoire politique. Le Mali a un très grand nombre de compétences féminines qui ne demandent qu’à servir leur pays » a-t-elle déclaré

Par la même occasion, Mme Traoré Nana Sissako rappelle au Chef du gouvernement que le Mali a ratifié un certain nombre de conventions, notamment les accords et traités régionaux et internationaux comme le protocole de Maputo et la déclaration solennelle des chefs d’Etat sur l’égalité homme et femme en Afrique, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, les résolutions 1325, 1820, 1888, 1889 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Sans oublier l’adoption d’une politique nationale genre en 2010, qui devrait à terme, mettre un terme aux inégalités entre homme et femme.

C’est pour toutes ces raisons, que la présidente du GP-DCF exhorte le gouvernement de transition au respect des engagements régionaux et internationaux ratifiés par le Mali en matière des droits des femmes et au renforcement de la démocratie qui ne peut se faire sans les femmes. Qui constituent, a-t-elle souligné, plus de la moitié de la population.

En dehors du gouvernement, elles peuvent et doivent servir à des postes de responsabilité dans toutes les instances de la transition pour une plus grande justice sociale, précise Mme Traoré Nana Sissako.

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