Mardi 23 juillet: la question du leadership féminin et de la solidarité au cœur de la plateforme de veille des femmes maliennes.

C’est sous un soleil radieux que la plateforme de veille des femmes pour des élections sans violence et équitables au Mali a ouvert sa neuvième session d’information et d’échanges. Plus de 300 femmes se sont à nouveau rassemblées pour écouter les débats centrés aujourd’hui sur l’impact du leadership et de la solidarité sur la participation des femmes à la prise de décision.  

Mme Awa Djiré, assistante de la conseillère genre à la MINUSMA, a ouvert les débats avec un exposé porté sur les concepts d’équipe, de leadership, de solidarité et de leurs impacts sur la participation des femmes à la prise de décision.

Elle a rappelé  à l’assemblée qu’une équipe de travail est un groupe de personnes organisé pour atteindre un objectif commun. Ce dernier est la clé de fonctionnement du groupe. Il est par conséquent primordial que l’objectif personnel des membres du groupe soit conforme à cet objectif commun. Si tel n’était  pas le cas, cela nuirait à la coopération et à la solidarité au sein du groupe. Elle a interpellé les femmes en leur rappelant « qu’avant d’intégrer une association, il faut  réfléchir à son ambition et sa vision ». Celle-ci doit être conforme à celle de l’association. C’est primordial pour accéder à un résultat.

Le débat s’est ensuite orienté vers l’identification des qualités humaines nécessaires au leader d’un groupe. Les femmes présentes dans la salle ont pointés: l’intégrité, la loyauté, l’engagement, la patience, la capacité d’écoute, le dynamisme, l’humilité et la capacité de rassemblement. Un leader ne parviendra en effet jamais à un résultat seul. Il doit être écouté, entouré et assisté. C’est lui qui donne les orientations mais il doit également pouvoir solliciter l’intelligence de ses collègues. Mme Djiré a encouragé les femmes à prendre leur destin en main, à développer leur leadership et ainsi contribuer au développement de la nation.

Se mettre ensemble pour aboutir à des projets de développement ne se fait pas sans risque. Un projet ne doit jamais devenir une source de division ou de déstabilisation. Pour éviter les querelles intestines, les priorités au sein d’une équipe doivent être clairement définies. Par conséquent, un groupe adoptera des statuts et des modes de fonctionnement et de gestions clairs, sous l’impulsion du leader.

Mme Djiré a pointé un écueil important que les leaders féminins doivent éviter : la gestion unilatérale des activités de leur association. La base doit être consultée et associée aux activités de l’organisation. Bien souvent, lorsque les leaders sont absents, il n’y a pas de relais au sein de l’association pour informer. Il faut éviter la rétention d’information au niveau des responsables et stimuler le partage des connaissances avec la base.

Le leader à un rôle primordial dans un groupe et peut avoir un impact très positifs sur son fonctionnement. Pour ce faire, il devra développer certaines qualités qui contribueront à la solidarité du groupe. « Cette dernière est la clé de voute de la réussite de vos structures » a conclu Madame Djiré.

Une représentante de la Coordination des Associations et des ONG féminines du Mali (CAFO) Mme Haidara Diahara Maïga a insisté sur la nécessaire capacité d’écoute du leader. Elle l’estime indispensable pour gérer une équipe mais stipule que le leader n’est pas obligé de prendre en compte tout ce qui ressort du groupe. Il a une marge de manœuvre lui permettant d’intégrer les conseils reçus dans les prises de décision.Elle a insisté sur la solidarité entre les organisations féminines. Elle nous explique que les partenaires techniques et financiers vont toujours nous juger sur la base des actes que nous posons. « On doit arrêter de se barrer la route, de se torpiller. Il faut parler d’une seule voix, c’est une question de respectabilité et de crédibilité » conclut-elle.

Mme Kebe du Bureau Régional du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, déjà présente aux côtés des femmes maliennes lors des activités du lundi 22 juillet, a rebondi sur cette intervention pour souligner l’indispensable solidarité qui doit exister entre les organisations qui composent la plateforme malienne. Ces dernières doivent tisser des liens de solidarité et s’engager pleinement en tant que parties prenantes dans cette initiative qui, aujourd’hui encore, au vu des débats suscités par les interventions, démontre toute sa nécessité !

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