Samedi 20 juillet: appelle au civisme des jeunes et analyse du rôle des médias pendant la période électorale au sein de la plateforme de veille des femmes pour des élections sans violence et équitable au Mali.

Ce samedi 20 juillet 2013, une foule nombreuse et enthousiaste composée principalement de femmes et de jeunes, s’est une nouvelle fois présentée à la plateforme de veille afin de participer à sa 6ième journée d’échanges. Les débats du jour portaient, en première session, sur le lien entre « jeunesse et violence ». Messieurs  Alioune Gueye, vice-président du Conseil National de la Jeunesse est venu rencontrer les femmes maliennes. En deuxième session, la plateforme de veille a reçu Monsieur Makan Koné, Président de la Maison de la Presse du Mali. Ce dernier a débattu du rôle des médias en période électorale. Une fois de plus, les échanges ont été enrichissants et animés !

Monsieur Gueye constate que la violence politique se nourrit du dynamisme des jeunes. La jeunesse se retrouve bien souvent en premières ligne lors des violences politiques. Profitant de l’activisme et de la force de caractère de la jeunesse malienne, le monde politique l’exploite pour réaliser certaines missions peu honorables. Monsieur Gueye s’indigne et note : «  les jeunes sont manipulés et psychologiquement dressés contre leur pays et leur nation dont ils sont pourtant une des composantes importantes ». Les jeunes doivent être encadrés pour jouer un rôle constructif dans le développement du pays !

Monsieur Gueye définit la violence comme une manifestation de rancœur et de colère, allant à contre-sens de toute possibilité de dialogue. Il dénonce la violence politique qui est « dévastatrice, guidée par le non -sens, par l’intérêt particulier et le goût du pouvoir dont l’unique objectif est la reconquête, par des moyens illégaux, de l’exercice du pouvoir.

La violence politique résulte souvent de contestations issues d’élections désordonnées, non transparentes  caractérisée par des irrégularités, voir des fraudes. Elle se  manifeste  alors par des rassemblements violents, la détérioration de biens publics et privés et dans les pire des cas par des enlèvements, des agressions physiques et des assassinats. Cette violence a des conséquences dramatiques sur les jeunes qui y participent. Ces derniers deviennent, sous l’effet du groupe et par leurs actes, des citoyens hors-la-loi. De plus, les confrontations entre jeunes mobilisés autour de différentes tendances politiques, contribuent à l’effritement de la cohésion sociale au sein de la société malienne. C’est inacceptable.

Par conséquent, Monsieur Gueye appelle tous les jeunes du Mali à faire preuve d’un  sens élevé de civisme et  de patriotisme qui doit les amener à se départir de toutes violences mettant à mal la cohésion nationale du pays, socle indispensable de tout développement. Les jeunes doivent prendre conscience qu’il existe des voies  constitutionnelles  de  contestation  pacifique des insuffisances liées au processus électoral. Les femmes ont un rôle très important a joué dans la préservation de la paix en sensibilisant les enfants à ne pas s’adonner à des pratiques violente. Monsieur Gueye déclare d’ailleurs : « J’invite les ONG et les organisations féminines de  la société civile à entreprendre de vastes campagnes de sensibilisation avant, pendant et après les élections dans le but de veiller à détourner les jeunes de la violence politique ». Signalons que la plateforme de veille organisera une session de sensibilisation et d’échange avec les jeunes le mercredi 24 juillet prochain.

Mme Diallo, participante à la plateforme de veille, a bien résumé le sentiment partagé dans la salle à la suite de l’intervention de Mr. Gueye : « Toutes les femmes doivent faire en sorte que les enfants ne descendent pas dans les rues pour s’adonner à des violences parce que les perdants dans cette histoire ce ne sont pas les hommes politiques mais les mamans » !

La deuxième session de la matinée avait pour thème : « le  rôle  des  média en  période  électorale ».

Monsieur Makan Koné Président de la Maison de la Presse du Mali a ensuite pris la parole pour évoquer le rôle des médias en période électorale. Au préalable, une participante avait dénoncé le rôle des radios privées incitant la jeunesse à basculer dans la contestation violente en cas de déception électorale. Mr. Makan Koné comprend l’indignation mais rappelle que ce n’est pas la presse dans son ensemble qui s’adonne à ses pratiques. C’est une minorité. Il est bon de savoir que le paysage de la presse est composé de deux catégories. Il y a premièrement les médias d’Etat pour lequel il a y peu de problèmes pour la simple raison qu’ils sont très bien organisés et bien règlementés par des textes légaux. Et il y a deuxièmement les médias privés qui sont plus difficiles à contrôler et au sein desquelles on constate certaines dérives.

Le Mali dispose actuellement de deux organes de régulation du paysage médiatique : le Comité National de l’Egale accès aux médias d’Etat et le Conseil Supérieur de la Communication qui sont les structures chargées de réguler le paysage médiatique.

Mr. Makan Koné constatent que les textes légaux existent mais que ce sont leurs applicabilités qui posent  problème. « Il faut qu’à tous les niveaux, les structures (les organes de régulations ndlr) s’assument pour que les pratiques qui sont de nature à mettre à mal la cohésion sociale soient sanctionnées ». La Maison de la Presse joue son rôle et organise régulièrement des séances de formation pour sensibiliser les journalistes à observer les mesures liées à la déontologie et à l’éthique du métier de journaliste.

À la suite de la communication de Mr. Makan  Koné, certaines participantes ont  exprimé une opinion. Madame Cissé estiment que certaines radios privées sont devenues des menaces réelles. Elle constate également que beaucoup de gens s’attribuent le titre de journaliste alors qu’ils n’ont aucune formation en la matière. Madame Diané quant à elle dénonce le fait que certaines radios incitent à la violence sans être inquiétées par les autorités. Makan Koné comprend les préoccupations des femmes et souhaite que les structures de régulation écoutent et lisent les journaux afin d’empêcher notamment les radios de tenir des propos jugés contraire à l’éthique.

En ce qui concerne les autorités de régulation, Monsieur Makan Koné a fait savoir à l’assistance qu’il a eu une rencontre avec le Président de la République qui a promis de se charger en personne de la question. Il veut renforcer le contrôle des organes de presse. Monsieur  Makan Koné a conclut la journée de débats en rappelant toute sa disponibilité pour accompagner les efforts de la plate-forme de veille dans la tenue d’élections apaisées au Mali.

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